La vie du Prieuré

Durant LE PRINTEMPS DES POÈTES, le Prieuré Saint-Cosme et le MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE TOURS font dialoguer leurs collections sur le thème de « l’éphèmère » ! Quand Pierre de Ronsard ou un membre de la Pléiade rencontre un tableau exposé dans les salles du Musée des Beaux-Arts, ça donne quoi ?

 

 

Thérèse DUCHÂTEAU

Chaumont-sur-Marne, 1870 – Tours, 1953

Portrait de jeune fille, 1898

Huile sur toile

Don de la sœur de l’artiste, 1955

 

Originaire de la Marne, cette femme artiste s’installe en Touraine avec sa famille vers 1877. C’est vers 1900 qu’elle ouvre à Tours un cours de dessin et de peinture qui contribue à sa reconnaissance.

Cette peinture présentée au Salon de 1899 était alors intitulée Premier envoi. Le bouquet de roses posé sur le canapé ou le billet que la jeune femme tient dans sa main gauche justifie ce titre.

La précision du dessin, l’élégance de la composition, la subtilité des coloris, la délicatesse de la touche sont bien de la manière de cette portraitiste.

Observant ce ravissant portrait, quelques vers nous viennent à l’esprit !

Et si ce bouquet de fleurs venait de lui être envoyé par Pierre de Ronsard, de quels mots l’aurait-il accompagné ?

 

Je vous envoie un bouquet que ma main

Vient de trier de ces fleurs épanouies ;

Qui ne les eût à ce vêpre cueillies

Chutes à terre elles fussent demain.

 

Cela vous soit un exemple certain

Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries

En peu de temps cherront toutes flétries

Et, comme fleurs, périront tout soudain.

 

 

Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame,

Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,

Et tôt serons étendus sous la lame ;

 

Et des amours desquelles nous parlons,

Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle :

Pour ce aimez-moi, cependant qu'êtes belle.

 

Pierre de Ronsard, Continuation des Amours, 1555