Pierre de Ronsard

Un inconnu célèbre

Pierre de Ronsard est un inconnu célèbre. On a aimé l’enfermer (sans doute sous l’influence des Romantiques qui l’ont redécouvert) dans l’image d’un poète courtisan adressant des vers amoureux à de belles femmes qui se refusaient à lui. Pourtant, le poète des Princes et prince des Poètes, qui a vécu entre 1524 et 1585, est un témoin privilégié de la Renaissance, un homme complet en phase avec l’esprit de son temps, voyageur, travailleur infatigable, digne serviteur des rois. Fils cadet d’une famille de noblesse provinciale installée au manoir de la Possonnière à Couture-sur-Loir en Vendômois, Ronsard a connu une enfance baignée par les paysages de Gâtine.

 Il en conservera un attachement particulier pour la nature et cette terre qui l’a porté. Mais son avenir est ailleurs. Âgé de 12 ans, le jeune Ronsard entre à la cour du roi François Ier en qualité de page au service des jeunes princes et princesses qu’il accompagne dans leurs voyages.

Sans doute victime d’une forme de syphilis qui le laisse à demi-sourd, il doit renoncer à la carrière des armes et trouver une autre voie. Il reçoit en 1543 la tonsure de clerc qui va lui permettre de bénéficier de prébendes qui, croissant en nombre, lui assureront une vie confortable. Les muses peuvent maintenant se pencher sur l’écritoire du poète… En avril 1545, à Blois, Ronsard rencontre Cassandre Salviati de Talcy qui prendra les traits de Cassandre, l’héroïne des Amours. Pour l’heure, Ronsard fréquente assidûment les cours de l’helléniste Dorat au collège Coqueret à Paris. À la suite de la Défense et illustration de la langue française de Du Bellay (1549), manifeste du groupe de la Pléiade, les Odes ouvrent le bal des œuvres du poète vendômois.

Elles seront suivies en 1552 des Amours – qui trouveront des « continuations » de 1555 à 1578 avec les sonnets inspirés par Marie, Astrée ou Hélène… – Ronsard y remet au goût français le sonnet inspiré de Pétrarque si prisé des courtisans. S’adonnant à tous les genres avec un égal bonheur, il écrit Bocage, Mélanges, Élégies et Mascarades, Hymnes qui le confortent comme poète officiel du roi. À partir de 1560, il publie régulièrement des éditions de ses œuvres complètes.

 Le lien entre Ronsard et le prieuré Saint-Cosme se noue en 1565 lorsque la reine Catherine de Médicis et son fils, le jeune roi Charles IX, lui en confient la commende. Ce bénéfice ecclésiastique vient peut-être récompenser les écrits plus engagés des années précédentes (Discours des misères de ce temps) et encourager l’écriture de La Franciade, vaste épopée souhaitée par Henri II. Au début des années 1580, malade et las des vicissitudes de la cour, Ronsard se replie souvent dans ses prieurés et notamment à Saint-Cosme où il dicte, à la veille de sa mort en décembre 1585, ses Derniers Vers, les plus touchants.

Ronsard et la poésie

Sa maison est aujourd’hui devenue une étape incontournable du nouveau parcours scénographique proposé au public. Poèmes à l’écoute, projections, livres, jeu permettent d’entrer dans l’univers du poète de la Pléiade.

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