Sonnet pour Astrée

Plus que mes yeux j’aime tes beaux cheveux,
Liens d’Amour que l’or même accompaigne,
Et suis jaloux du bonheur de ton peigne,
Qui au matin démêle leurs beaux noeuds.
En te peignant il se fait riche d’eux,
Il les dérobe; et l’Amour, qui m’enseigne
D’être larron, commande que je prenne
Part au butin assez grand pour tous deux.
Mais je ne puis; car le peigne fidèle
Garde sa proie, et puis ta damoiselle
Serre le reste et me l’ôte des doigts.
O cruautés! ô beautés trop iniques!
Le pèlerin touche bien aux reliques
Par le travers d’une vitre ou d’un bois.

 

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